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  Les bénéfices de la respiration lente
   
 

Considérant que l'hyperactivité sympathique et la mise au repos du système
parasympathique peuvent favoriser l'hypertension artérielle le Dr Joseph CN et ses collaborateurs ont prouvé que la respiration ralentie est efficace pour baisser la tension chez les hypertendus. Ils ont publié leur travail dans la revue Hypertension ( en anglais ) : “Slow breathing improves arterial baroreflex sensitivity and decreases blood pressure in essential hypertension.” 2005 ; 46 : 714-8.

Le dysfonctionnement neurovégétatif chronique de l'hyperactivié sympathique implique la sensibilité de l'arc baroréflexe et s'accompagne d'une hyperventilation liée à la mise en jeu des chémorécepteurs. Une respiration lente à 6 cycles/ minute augmente la sensibilité baroréflexe tout en diminuant l'activité sympathique et l'activation chémoréflexe. Il y a là potentiellement l’amorce d’un bénéfice dans le contrôle de la pression artérielle notamment en cas d’HTA essentielle. Cette hypothèse restait à vérifier, ce que l'étude du Dr Joseph propose.

L'étude concerne deux groupes de sujets : 20 malades atteints d'une HTA essentielle et 26 témoins. Les paramètres suivants ont été mesurés en continu à l’état basal et dans deux situations physiologiques différentes conditionnées par une respiration lente (6 cycles/mn) ou plus rapide (15/mn) : 1) pression artérielle ; 2) intervalle RR ; 3) ventilation et concentration de CO2 en fin d’expiration (end tidal CO2, ETCO2). La sensibilité du baroréflexe a été évaluée par l’analyse spectrale autorégressive et la méthode de l’angle alpha.

Dans le groupe des hypertendus, la respiration lente s’est accompagnée d’une diminution significative de la PA systolique (de 149,7±3,7 à 141,1±4 mm Hg, p<0,05) et diastolique (de 82,7±3 à 77,8±3.7 mm Hg, p<0,01). La respiration à 15/mn a entraîné une baisse de la PA systolique (à 142,8+/-3,9 mm Hg, p<0,05) mais pas de la PA diastolique chez les hypertendus et un raccourcissement de l’intervalle RR, sans modifier la sensibilité du baroréflexe. Les mêmes effets ont été observés chez les sujets témoins. En respiration lente, la sensibilité du baroréflexe a augmenté significativement chez les hypertendus (p<0,01) comme chez les témoins (p<0,001) sans induire d'hyperventilation.

Chez les sujets hypertendus uniquement, à l’état basal, la respiration spontanée était plus rapide, avec des taux de ETCO2 plus bas, suggérant une hyperventilation, et la sensibilité du baroréflexe était diminuée (p<0,001 versus témoins). Ces deux anomalies fonctionnelles sont potentiellement réversibles sous l’effet de la respiration lente qui mérite d’être recommandée chez l’hypertendu.

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